Cat Sawman et Flark Gent

Edition du 17 juillet 2026

Tous au restaurant

Le Menu

L’entrée

A l’occasion de l’évènement organisé annuellement par la plate-forme française de réservation de restaurants en ligne TheFork : Tous au restaurant, j’ai pu saisir l’opportunité d’aller manger pour [Ouvrez les gros guillemets] pas cher [Fermez les gros guillemets] dans un bon restaurant gastronomique.

En effet, Tous au restaurant propose avec la participation de certains restaurants, une formule “Une menu acheté, le second offert”. J’ai donc saisi cette opportunité avec ma compagne pour aller tester le restaurant L’Établi. Nous avons choisi cet établissement car il semblait chaleureux et avec un menu original. Comme un menu est offert, nous voulions en profiter au maximum en choisissant un restaurant avec un menu plutôt cher. (Tous les restaurants qui participent à cet évènement ne sont pas tous à ce prix, donc autant maximiser l’économie avec un menu cher, n’est-ce pas ?).

L’idée de cet article n’est pas de faire un retour critique sur L’Établi, il sera donc succinct : C’est très bon, des plats très orignaux et des combinaisons de goûts fort intéressant. Mentions spéciales pour la mousse de St Nectaire qui se combine très bien avec la mûre ainsi que la mousse au chocolat accompagnée de ses morceaux de brioche à l’huile d’olive.
Globalement, si vous pouvez vous le permettre, allez-y !

La où je pense qu’un sujet existe, c’est dans le rapport sociologique (le mot est lâché) qu’il peut exister dans l’accès et la connaissance à l’art de la gastronomie.

Premier Plat

<< Pfiouuuuu Flash BACK…back…back… >>

Mon rapport à la nourriture doit fort probablement être lié à mon enfance (duh!). Ayant un père Français et une mère d’origine Italienne, j’ai un peu la combinaison des 2 meilleurs mondes de la gastronomie (je fais genre car le Japon est pas loin. Et d’autres pays mais c’est n’est pas le sujet!). Patriarcat oblige, j’ai principalement vu ma mère en cuisine et j’ai presque toujours regardé ce qu’elle y faisait. Paraît-il même qu’à une période de ma vie, j’aurai souhaité être cuisiné.

J’ai grandi, tout en appréciant manger évidemment, mais sans jamais plus me poser la question de “pourquoi cuisiner comme cela, c’est bon”. Lors de mes études post bac, j’ai eu la chance de pouvoir vivre seul dans un appartement, financer par mes parents. Ce fût mes premiers vrais pas vers la cuisine pour soit, devoir faire à manger pour vivre au quotidien. Mais étant étudiant, je voulais passer plus de temps à faire d’autres choses. J’ai donc eu comme beaucoup une alimentation à base de steak haché surgelé, de pâtes, de plats déjà cuisiné…

Au fil du temps, je suis passé par différentes collocations, et j’ai été amené à cuisiner un peu plus. Ou bien voir des personnes cuisiner un peu plus. J’ai donc commencé à plus réfléchir à ce que je pouvais faire en cuisine un peu plus. Petite pensée pour les pâtes au poulet et à la crème au curry de fin de soirée d’un de mes colocs. Un peu plus.

Mais le véritable déclic sur l’art de la table, c’était en 2020, dans ma dernière collocation. J’ai eu la chance de vivre pendant 5 années avec l’une des personnes qui pour moi cuisine le mieux (et pourtant j’en connais des bons cuisiniers!), mais surtout, qui sait le mieux en parler. C’est en le voyant cuisiner, en le voyant m’expliquer pourquoi il faisait les choses de telle ou telle manière, que j’ai compris que ce n’est pas qu’une question d’à peu près. J’aimais je n’aurai cru avoir envie de discuter de nourriture pendant des heures, à toute heure et toute situation.

Mon rapport à l’assiette à donc changé.

A chaque fois que je mange, je porte un regard critique sur ce que je mange. Comment les épices se marient entre elles, la qualité de la cuisson, le mélange des textures. Certes, je ne recherche pas les goûts de la même façon selon la provenance du plat.

Par exemple, maintenant que j’ai découvert la vraie bonne cuisson du riz, à la japonaise, je suis très souvent déçu des riz que j’ai l’occasion de manger quand ils ne sont pas préparés de cette manière. Chaque grains doivent se ressentir indépendamment dans la bouche, que cela ne soit pas trop gluant mais pas trop dur. Bref, rien a voir avec le riz bien trop cuit dans l’eau, avec un peu/beaucoup de beurre dedans que j’adorais pendant mes études.

<< Pfouiiiii Back to the présent… >>

Second Plat

Maintenant que je vous ai brièvement expliquer mon rapport à la nourriture, j’aimerai maintenant y ajouter un contexte politique, et y mentionner le sujet de classe sociale.

Je viens d’un milieu assez aisé, dans le sens où je n’ai jamais manqué de rien. Classe moyenne / supérieur je dirais. Comme une bonne partie des Français, la nourriture à toujours été un sujet dans ma famille. Peut être un peu plus chez moi que d’autres, car ma mère adorait regarder Cuisines.Tv (tah l’époque). Mais ce n’est pas au sein de ma famille que j’ai eu le réel déclic. C’est bel et bien avec mon dernière colocataire. Et lui ne venait pas du même milieu sociale. Je ne connais pas toute sa vie, mais de mon point de vu, sans avoir manqué des choses essentielles, les moyens de son foyer étaient moindre. Et c’est principalement grâce à sa grand mère qu’il a eu ce goût de la cuisine.

Ce constat me fait dire que l’amour pour la nourriture peut exister à partir du moment où les personnes ont assez de moyen pour pouvoir acheter ce dont ils ont besoin pour cuisiner. Pas besoin d’être “riches” pour s’intéresser et comprendre la gastronomie.

Mais la où il existe un vrai problème de classe, c’est dans l’accès à cette superbe gastronomie. En effet, je n’avais pas donné le prix du fameux Menu que j’ai eu l’occasion de déguster, le “deux pour le prix d’un”. 95€. Certes, divisé par deux, cela nous donne une note de 47.5€, mais cela reste une somme.

Il existe selon moi deux grandes barrières à l’accès à l’un des arts les plus sublime de l’espèce humaine : Le coût financier et le coût d’apprentissage.

Le premier étant le plus facile à comprendre. Cela coûte cher de manger dans un restaurant gastronomique.
Qu’on ne me fasse pas dire ce que je ne pense pas : Il existe foison d’endroit sur terre où l’on mange des plats excellents pour pas cher . Ce n’est pas mon propos. Mais l’accès à des plats gastronomiques, c’est à dire très réfléchis, conceptualisé pour trouver un savant mélange d’arômes, de textures, d’odeurs, de design dans l’assiette, qui sont la pour faire titiller le cerveau tout autant que l’estomac, sont cher vis-à-vis des revenus moyens des Français.

Le deuxième point va m’être plus compliquer à expliquer. En théorie, l’accès à la connaissance de nos jours est plus simple que jamais. Entre les livres, les magasines, la télévision, les réseaux sociaux ou internet de manière général, voir et comprendre la cuisine semble facile d’accès. Mais l’accès à la connaissance n’est pas suffisant, sinon nous serions tous des génies. En effet, il faut avant tout avoir du temps pour pratiquer. Certains vous diront qu’il suffit de la volonté, mais nous savons que malheureusement, le monde n’est pas si simple.

Et la où il s’agit également d’une lutte des classes, c’est qu’une personne qui n’a jamais vraiment réfléchis à son assiette, si on lui donne les moyens d’aller dans les plus grand restaurants, ne saura pas forcément comprendre ce qu’il mange. Est-ce grave ? Dans l’absolu, non. Il va se régaler et on pourra se dire que c’est l’essentiel. Mais comme tout art, selon moi, pour en tirer la plus grande satisfaction, il faut au moins en comprendre les bases.

Entremets

Je serais tenté de digresser fortement en mentionnant l’art du cinéma, de la musique, du dessin…Tous ces domaines peuvent être apprécier de manière brut, au “ressenti” uniquement. C’est également ce qui en fait quelque chose de formidable. Mais lorsque l’on connaît un peu les codes, on entre dans une autre dimension qui pour moi, serait dommage de rater. Je ferais surement un article dédié à cela ultérieurement, mais comprendre un art permets d’en tirer encore plus de satisfaction.

Le Dessert

Il existe des choses communes à l’ensemble de l’humanité. A travers le temps (et l’espace? hum non c’est pas ça?) et les cultures, l’espèce humaine à toujours du manger. Mais il existe une grande différence entre l’acte de manger pour se nourrir et celui de manger pour se régaler ! Je ne suis pas historien mais j’ai la malheureuse l’impression que la première à toujours été un combat pour beaucoup et que la seconde fût très souvent exclusif pour certaines classes sociales. “Qu’ils mangent de la brioche”, toi même tu sais.

Au delà de cette différence gustative que nous pouvons avoir en face de notre assiette, il y existe également une différence qualitative. Il est maintenant prouvé que “bien manger” est étroitement lié de nos jours à une meilleure santé. C’est pourquoi, selon moi, l’apprentissage de la bonne bouffe n’est pas qu’un rapport culturel à un art de la table, mais également un accès vers une meilleure et plus longue vie.

Le Digestif

Tout mon propos, que j’ai tenté d’expliquer tant bien que mal, vise à exprimer mon amour pour la nourriture. Autant les tous petits plats simples, que les assiettes remplis d’ingrédients divers et variés que l’ont aurait jamais cru compatible, sublimer le palet.

Mais également que j’y trouve une injustice supplémentaire entre les différents corps sociaux qui est poussé par un système d’élitisme culturel.

C’est donc avec l’espoir que vous vous soyez correctement sustenter de cet article que je vous dis à bientôt !